Cuisine et partage

Je suis depuis quelques temps très attachée à la culture du partage, à l’open source, au libre, et je voudrais que cela se ressente dans tout ce que je fais. Je parle souvent – peut-être un peu trop – de logiciels libres, du fait que j’utilise l’OS Ubuntu (GNU/Linux – les puristes argueront peut-être qu’Ubuntu n’est pas ce qui se fait de plus libre, mais je ne suis pas puriste, et si je soutiens l’idée du libre, je tiens à une utilisabilité personnelle ; mais je suis ouverte à toute suggestion d’OS « mieux » :3 ), et la diffusion du savoir est une chose très importante pour moi.

Le lien avec le Basilic ? Les recettes que je trouve sur le net, dans des livres, ou que j’invente, et que je transmets. La possibilité pour ces recettes d’évoluer, d’être appropriées par d’autres (dans le sens «faire sien», et non clamer la paternité).

J’ai pris conscience de cela dernièrement, lors d’un passage chez la famille de mon Amoureux. Pour remercier nos hôtes de leur accueil, nous avons fait le dernier dîner, avec les linguine aux noix de St-Jacques et sauce vinaigre balsamique, et une fondue de poireaux. Ce plat avait déjà changé dernièrement, pour un anniversaire, où nous avions considéré que des crevettes complétaient d’heureuse façon les St-Jacques, trop peu nombreuses – outre le goût nouveau des crevettes, nous avions constaté un effet psychologique important : yavait plus de trucs dans l’assiette ! Et lors de ce dernier repas, la sauce au vinaigre a pris un tournant caramélisé du plus bel effet ! Nous avons alors discuté du plat avec nos hôtes, charmés, et dans la conversation est venue l’idée de remplacer le vinaigre par de l’encre de seiche, pour un goût iodé. Comme cela changeait radicalement la sauce, j’ai proposé en riant qu’ils fassent une nouvelle branche du plat (bon, en vrai, la sale geeke que je suis a utilisé des termes techniques informatiques par automatisme et ils n’ont rien compris).

Je considère mes recettes comme sous licence Creative Commons CC-BY-SA, c’est-à-dire que vous, lecteurs, pouvez les réaliser, les publier chez vous, telles quelles ou modifiées (en me citant, hein, soyez sympas), les améliorer, faire des forks (c’est-à-dire une version différente, tout en maintenant l’existence de la recette de base)… Je vous fais confiance !

Donc… Cuisinez, mangez, goûtez, partagez !

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Gratin de courgettes et ravioles

J’ai déjà parlé des ravioles ici. Et j’ai déjà évoqué le fait qu’elles refroidissent plus vite qu’Usain Bolt ne pulvérise le record du monde de vitesse à pied. J’ai déjà fait mes expériences, notamment une soupe. And now, fillies and gentle coats, je vous présente le gratin !

Très simple, il se compose de courgettes, d’oignons, de ravioles, et de sérac de chèvre. Le sérac, c’est un fromage à base de lactoserum (petit-lait), comme la brousse, le brocciu, ou la recuite – divers noms pour un même fromage, suivant les régions. Pour le sérac, c’est suisse. Et celui que je trouve est fait à partir de petit-lait de chèvre. Et il poutre sa mèrh. Pardon aux chevrettes.

Ce gratin est très simple à faire, quoiqu’un peu long mais ça c’est parce que je suis feignasse, vous allez voir.

Ingrédients

  • une courgette
  • un oignon nouveau
  • 4 plaques de ravioles (ici, au chèvre)(monomaniaque je suis)
  • une demi-boîte de sérac de chèvre
  • un peu d’emmental

Modus operandi

Couper la courgette en rondelles, et émincer l’oignon. Répartir les légumes dans le fond d’un moule à cake (mon choix, malheureux) ou d’un plat à gratin. Enfourner à 180°C, le temps que les courgettes cuisent. Et là, c’est le drame. Malgré 20 à 30 minutes d’attente, mes courgettes n’ont jamais vraiment cuit. Alors, c’est bon, hein, la courgette crue, mais voilà. Donc, si vous voulez refaire la recette, soit vous cuisez les courgettes à la vapeur avant, soit vous faites comme moi mais vous améliorez le truc (et vous venez me dire comment vous avez fait :3). Ensuite, déposer les ravioles en couches, avec du sérac entre chaque couche, et sur la dernière. Moi, ça faisait deux couches. Râper ou couper des fines tranches d’emmental et poser dessus. Enfourner dix minutes.

Pizza crème, tomates, poivrons et bœuf séché

L’Amoureux est arrivé un soir avec dans sa besace un paquet de fines tranches de bœuf séché. Un délice. Un délice Mary-Poppinsien, parce qu’on en a eu bien plus que ce que l’on croyait, et quand il restait trois tranches, en fait, c’était six, et la dernière s’est révélée être trois en tapon. Un délice changelin, car il y avait tellement de choses à faire avec :3

L’une d’elles que s’appellorio pizza. Le truc rapide que tu fais quand tu as une heure et demi devant toi, le plat super-sain qui tient quand même vachement bien ses calories, le paradoxe du miam.

Ici, une pâte dont la recette vient de chez Papilles & Pupilles (je gruge d’ailleurs la vaisselle : je fais la pâte dans un saladier, je l’y pétris, en prenant bien soin de réunir tous les bouts de pâte, et ensuite, d’une main je soulève le pâton, de l’autre la bouteille d’huile et je verse un peu d’huile, avant de reposer la pâte pour son heure de levage – tout est dans le poignet, t’uois ?), et une garniture mi-cuite que Top-Chef n’aurait pas renié : poivron vert et tomate coupés fin fin fin, déposés sur un lit de crème fraîche et recouverte dextrement (si, c’est un vrai mot) de tranches du bœuf dont je parle depuis tout à l’heure, genre t’as pas suivi. Ensuite, au four (préchauffé à 210°C) 15 minutes. Quinze longues minutes. Quinze. Longues. Minutes. Pendant lesquelles l’Amoureux et moi nous relayons pour « aller voir si c’est prêt, bordigaille, ça sent trop bon ». Et après, ça fait juste deux parts chacun et on est un peu déçus. Mais repus et emplis de bonne chère, c’est ce  qui importe.

Le cheesecake-brownie qui tchue

Pour une fois, j’ai suivi une recette à la lettre. Trop peur de me planter. La recette, c’est celle du cheesecake-brownie de equilibreculinaire. Et c’est trop bon. Un peu… mince, peut-être ? La prochaine fois, soit je double les quantités, soit je le fais dans un moule plus petit, parce qu’un gâteau d’un centimètre d’épaisseur, ça me perturbe. Mais à part ça, c’est vraiment bon, moelleux et parfumé, un dessert léger qui finit bien un repas. Oui, la prochaine fois, j’en fais deux fois plus, avec un peu plus de chocolat, et j’essaie de faire des couches alternées !

Tarte carotte, jambon, fromage et romarin

J’ai découvert le blog du Diplodocus il y a quelque temps, et y ai déniché une recette de quiche carotte/thon/feta absolument renversante. Et sa simplicité apparente emmène très vite vers des expérimentations !

J’avais envie de romarin. C’est une herbe dont l’odeur me plaît beaucoup mais je n’ai pas tellement l’occasion de l’utiliser. J’ai voulu moudre les feuilles séchées que j’avais, dans mon nanomixer (celui où il faut appuyer sur le moteur/couvercle pour le faire fonctionner, c’est chouette ce genre de machin), mais c’était trop petit, trop fin, et les lames n’arrivaient pas à grand chose. J’ai donc grossièrement coupé un oignon nouveau que j’ai ajouté dans le mixer, me disant que les morceaux humides entraîneraient le romarin dans leur course. Ça n’a pas été aussi efficace que je le pensais, mais j’ai obtenu une jolie pâte d’oignon au romarin. Et là, le drame. À la base, je voulais parfumer la pâte à tarte avec le romarin. Comment intégrer ça, maintenant ? Je me suis alors souvenue d’un article de Cuisine métisse sur des petites crêpes chinoises aux oignons, faites de pâte fourrée et rabaissée. Hop, essayons ! Relativement simple à faire :

  1. on étale
  2. on dépose le mélange
  3. on replie, et on étale de nouveau Ensuite, on laisse cuire à blanc, et on remplit de ce qu’on veut ! Ici, carottes en rondelles, cuites à la vapeur avant, un peu de jambon, et des restes de tous les fromages que j’aie pu trouver.

Et tadam !

Ingrédients

  • 100g de farine de froment
  • 100g de farine de sarrasin
  • 5 cs d’huile d’olive
  • sel
  • de l’eau (à peu près un verre)
  • deux grosses pincées de romarin
  • 1 oignon nouveau (blanc et vert)
  • 5 carottes
  • 1 tranche de jambon
  • fromages : 1 quart de chèvre frais, un rogaton de grana padano, un de Dent du Chat, et un peu d’emmental en plastique pour le volume
  • 2 œufs
  • 20 cL de crème fraîche

Modus operandi

Éplucher les carottes, les couper en rondelles et les mettre à cuire à la vapeur. Préchauffer le four à 180°C. Mêler farine, huile, sel et eau pour en faire une pâte, et l’étaler. Mixer oignon et romarin, et déposer le mélange sur une moitié de la pâte. Replier la pâte et étaler finement. Déposer dans un moule – à noter que c’est assez fragile, j’ai fait toute la manipulation sur la feuille de cuisson – et laisser cuire à blanc pendant 10 minutes. Hacher le jambon et couper les fromages en petits morceaux. Battre les œufs et ajouter la crème. Sortir le fond de pâte du four, et verser dedans les carottes, puis répartir jambon et fromages. Verser l’appareil (chez moi on dit migaine :3) par dessus, et enfourner 40 minutes.

Encore des sushis

De haut en bas et de gauche à droite :

  • des maki avocat/concombre
  • des maki inversés omelette/concombre, enrobés de truite fumée – assez simple à faire, mais je n’ai pas encore la bonne technique, ils ne tenaient pas très bien
  • des maki crevette/avocat
  • trois monstruosités nigiri avocat/truite
  • des maki crevette/concombre
  • les restes :D

Gâteau banane, pomme et nougat

Ingrédients

  • 200 g de farine
  • 3 bananes (200 g)
  • 2 pommes
  • 100 g  d’huile
  • 85 g de nougat
  • 15 g de sucre
  • poudre à lever
  • eau de fleur d’oranger

Modus operandi

Mélanger farine, poudre à lever (la quantité indiquée sur vos sachets) et huile, ajouter les bananes, si elles ne le sont pas déjà, les écraser et les mêler. Couper le nougat en petits morceaux, les ajouter, ainsi que le sucre (très peu, c’était juste pour homogénéiser le goût). Couper les pommes en tout petits morceaux, et les ajouter. Répartir dans de petits moules. Cuire durant 20 minutes.

Race for the curry

Un jeu de société que mon Amoureux et moi aimons beaucoup est « Race for the Galaxy ». C’est un jeu assez complexe de prime abord, mais une fois qu’on a assimilé les règles, les phases de jeu, et fait quelques parties, c’est vraiment simple – malgré quelques points parfois obscurs, il faut l’avouer. Le principe ? Dominer la galaxie en colonisant des planètes et en découvrant des technologies. Ensuite, découvrir un peu l’histoire, le monde, en lisant les noms des cartes, en regardant les illustrations. Tomber sur un monde abandonné par une race d’aliens disparus. déchiffrer les génomes et s’élever, s’établir sur des mondes d’artistes ou de marchands… Et puis conquérir, incarnant l’Impérium, ou se défendre, en étant les Rebelles.

Les mondes peuvent produire des ressources, il y en a quatre types : nouvelles (bleu), rares (marron), aliens (jaune) et génétiques (vert).

Nous avions prévu une partie ce soir-là, cela faisait longtemps que nous n’avions pas joué. Et tout d’un coup, ça a fait tilt dans ma tête : j’allais faire un repas aux couleurs de R4 (« race for », c’est son ptit nom).

Nous avons donc, de gauche à droite et de haut en bas :

  • bleu : pancakes à la fleur d’oranger (ok, c’est de la triche, c’est la bouteille d’eau de fleur d’oranger qui est bleue, mais allez trouver un aliment de cette couleur)
  • vert : compote de rhubarbe (du commerce)
  • marron : curry de pommes de terre et dinde
  • jaune : petite salade maïs et pomme

Les pancakes viennent de chez equilibreculinaire. La salade est faite de maïs, de pomme en petits morceaux, d’huile et de vinaigre.

Et j’ai oublié ce que j’ai mis dans le curry. Hum. De la pâte de curry, sûrement, et aussi un peu de crème et de la sauce hoisin pour la couleur.

Mais en bonus, je peux vous montrer les patates de l’espace avec des germes crochus.

Pudding aux pommes

Le chouette article d’Aurevelvet sur le pudding aux vieilles chouquettes m’a rappelé à quel point j’aime le pudding. Et depuis quelques jours traînait dans la cuisine une baguette de pain intacte et complètement rassise. Elle me narguait. J’étais partie pour faire de la tarte aux pommes (oui, maintenant que j’ai appris à faire de la pâte à tarte qui tchue sa mérh, et de la pâte à pizza qui tabasse du pangolin malade (oui, quelle violence mes amis), j’ai envie d’en faire tout le temps), et pis j’ai changé d’avis au dernier moment.

Ingrédients

  • 200 g de pain rassis
  • 2 pommes
  • 3 œufs
  • 1/2 L de lait
  • cannelle
  • un peu de sucre, j’en ai mis 50 g
  • une poignée d’amandes

Modus operandi

Préchauffer le four à 150°C. Couper le pain en petits morceaux, de 2 à 3 cm de large (grossièrement). Battre les œufs, ajouter le lait, la cannelle et le sucre. Mélanger avec le pain. Éplucher les pommes et les couper comme le pain, puis ajouter au reste. Couper les amandes en quatre ou bien les broyer un peu (j’avais la flemme de sortir le mortier, et j’ai un couteau en céramique qui coupe très bien), et les ajouter. Verser le mélange dans un plat et enfourner pour 30 à 40 minutes. Mélanger tiède, froid, avec de la crème anglaise (son milieu naturel, après tout) ou de la glace ou ce que vous voulez, c’est votre pudding, bordigaille.

La galette inmontrable

Aujourd’hui, j’ai cuisiné un monstre. Pas tant par son contenu (courgette, filet de porc, oignon, œufs, farine, yaourt, fromage) ou par sa taille (20 cm de diamètre et une hauteur qui ne devait pas en être loin), mais surtout parce que le résultat final, quoique charmant joyeusement les papilles, a vraiment une sale tête.

(bon, la recette c’est super simple : c’est une galette comme ici, ici et , avec du reste de filet de porc coupé tout petit, une demi-courgette râpée, des épices diverses et du sésame pour faire chic)